
Les achats de Noël ont depuis longtemps cessé de se dérouler au même rythme. Les clients se comportent différemment en octobre lorsqu’ils planifient encore, différemment en novembre lorsque les remises atteignent un sommet, et complètement différemment pendant la période entre les vacances lorsqu’ils achètent pour eux-mêmes. Pour les boutiques en ligne, il est donc crucial de comprendre la saison non pas comme un bloc monolithique, mais comme une séquence de vagues changeantes qui doivent être capturées et utilisées.
Les données proviennent d’une enquête internationale menée par Canvas8 pour Mailchimp en février de cette année. La collecte des données a eu lieu sur un échantillon de plus de 9 300 répondants des États-Unis, du Canada, de l’Australie et de dix pays européens, dont l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne. Des experts en marketing et en retail ont également contribué aux résultats, en les replaçant dans un contexte plus large.
7 phases du temps des Fêtes
1. Préparatifs précoces (octobre)
Déjà au début du mois d’octobre, un phénomène que les experts appellent Christmas Creep apparaît. Il s’agit de produits de Noël sur des étagères alors que les citrouilles d’Halloween n’ont même pas encore été rangées. La plupart des clients réagissent avec confusion et perçoivent négativement les campagnes de vacances prématurées. Malgré cela, il existe un groupe spécifique de consommateurs qui se targuent d’avoir des cadeaux triés plus tôt que les autres. Ces clients réagissent aux promotions et aux remises du début de l’automne avant même le Black Friday. Ils apprécient la communication qui met l’accent sur la préparation et la planification raisonnable, plutôt que sur l’humeur ostentatoire des fêtes.
2. Ventes avant le pic (début novembre)
Au cours de la première quinzaine de novembre, les consommateurs se mettent progressivement dans l’ambiance des fêtes. Les marques rehaussent l’atmosphère avec des éléments symboliques – des produits de saison, des emballages spéciaux ou les premières publicités de Noël qui font allusion à l’approche des fêtes. Pendant cette période, règnent ceux pour qui la joie d’offrir est plus importante que le montant réel de la remise. Il s’agit souvent de groupes d’âge plus âgés qui magasinent depuis plusieurs générations et qui sont motivés par la nostalgie et la tradition familiale. Les recherches montrent que l’importance du prix diminue d’un tiers pour les cadeaux de Noël par rapport aux achats réguliers au cours de l’année.
3. Pic des ventes (de mi-novembre à fin novembre)
Le Black Friday et le Cyber Monday restent les événements les plus importants de la saison. Jusqu’aux trois quarts des consommateurs interrogés ont confirmé avoir fait des achats au cours de cette période. Ici, les clients prévalent qui non seulement recherchent des réductions, mais les considèrent comme la principale motivation. Certains attendent des semaines pour faire leurs achats, d’autres préparent soigneusement leur chariot à l’avance. Pour eux, la valeur ne réside pas dans le produit, mais dans le sentiment qu’ils ont réussi à « gagner » et à économiser de l’argent.
4. Phase festive (début décembre)
Lorsque les lumières s’allument complètement et que les réunions de famille commencent, le comportement d’achat change. Les clients recherchent plus qu’une simple bonne affaire. Pendant cette période, les clients prévalent qui veulent trouver un cadeau avec une histoire vraie. Ils recherchent des produits uniques, des articles faits à la main, des marques locales ou des cadeaux personnalisés. Il n’est pas important pour eux de dépenser moins que les chasseurs d’aubaines – ce qui compte, c’est qu’ils fassent des efforts de sélection et que le cadeau ait une valeur émotionnelle. Cette tendance est particulièrement visible chez les jeunes générations, pour qui l’authenticité a souvent plus de valeur que le prix.
5. Sprint de dernière minute (mi-décembre)
À l’approche de Noël, la moitié des clients ont déjà trié leurs cadeaux, mais l’autre moitié se retrouve sous pression. Dans les e-shops et les magasins, ceux qui ont laissé leurs achats à la dernière minute sont à la chasse. À ce moment-là, c’est la logistique qui décide : de la disponibilité des stocks, de la rapidité de livraison, ou encore de la possibilité de retrait en magasin. Le stress est souvent plus important que le prix, et un service approprié peut l’atténuer considérablement. Il est intéressant de noter que dans les derniers jours avant Noël, une partie des ventes se déplace de l’espace en ligne vers les magasins physiques, car les clients ne font plus confiance au transporteur pour livrer leur colis à temps.
6. Betwixtmas (24-30 décembre)
Le shopping ne s’arrête pas même après Noël. Les jours entre les vacances se sont transformés en une phase d’achat indépendante. Beaucoup les utilisent pour des échanges de cadeaux ou pour s’offrir quelque chose en solde. Souvent, il s’agit de produits qu’ils n’ont pas trouvés sous le sapin ou de petits articles avec lesquels ils veulent se récompenser après la ruée des fêtes. Cette phase est comparable aux ventes de novembre, en particulier dans des catégories telles que l’électronique, la mode ou les articles ménagers.
7. Nouvel An (fin décembre – début janvier)
Au tournant de l’année, l’attention se tourne des cadeaux vers le développement personnel. Les clients commencent à chercher des produits qui les aideront à tenir leurs résolutions du Nouvel An. Les équipements sportifs, les produits de mode de vie sain, les cosmétiques ou l’ameublement suscitent le plus d’intérêt. L’important est la combinaison d’un prix favorable et du sentiment que l’achat contribue à changer pour le mieux.
Comment les boutiques en ligne peuvent tirer parti des achats de Noël
La principale conclusion est que la saison des fêtes a depuis longtemps cessé d’être un bloc monolithique se terminant le 24 décembre. Il se décompose en plusieurs phases qui ont des dynamiques et des motivations de consommateurs différentes. La stratégie « une campagne pour tout le monde » ne suffit pas. Le succès appartiendra à ceux qui sauront chronométrer précisément leurs activités et adapter le ton de la communication à l’humeur actuelle des consommateurs.
En octobre, la communication sur la planification et la préparation judicieuses fonctionne, tandis qu’au début du mois de novembre, les clients répondent déjà aux messages émotionnels et aux traditions. À la fin du mois de novembre, l’attention se porte entièrement sur les réductions, mais avec l’arrivée de décembre, l’espace s’ouvre à nouveau pour les histoires et l’authenticité. À la mi-décembre, le prix cesse d’être le plus gros problème et la vitesse et la fiabilité passent au premier plan. Après Noël vient une vague de développement personnel et d’auto-récompense, qui culmine naturellement avec des ventes de janvier orientées vers un nouveau départ.
Pour les e-shops, il est donc essentiel d’aborder les fêtes de fin d’année avec souplesse. Il ne suffit pas de préparer une grande campagne pour le Black Friday. Vous devez penser au fait que différents clients font leurs achats à des moments différents, pour différentes raisons et dans des contextes émotionnels différents. La connaissance de ces sept phases donne aux commerçants la possibilité de répartir plus efficacement le budget et l’énergie, de cibler plus précisément la communication et, in fine, de gagner une plus grande part de marché.